Comment choisir son casque de parachutisme ?
Le choix d'un casque de parachutisme se joue sur trois questions : quelle discipline pratiquez-vous, avez-vous besoin d'une caméra, et voulez-vous un modèle certifié aux chocs ? Depuis la publication de la norme française XP S 72-600, cette dernière question a enfin une réponse mesurable — et elle change la façon de comparer les modèles.
L'essentiel
- La norme XP S 72-600 a été développée par l'AFNOR avec la Fédération Française de Parachutisme : elle impose un test d'impact (choc transmis inférieur à 250 G) et un test d'accrochage de suspente que la norme EN 966 n'exigeait pas.
- Intégral pour le vol relatif et le freefly, ouvert pour l'école et la précision, plateforme caméra pour la vidéo : les trois familles ne s'opposent pas, elles répondent à des usages différents.
- Certifié ne veut pas dire lourd : le Cookie M3 ouvert pèse 600 g et le Cookie G4 intégral 900 à 950 g.
- Un casque n'est jamais un équipement isolé : vérifiez qu'il accueille votre altison avant de commander.
Que change vraiment la norme XP S 72-600 ?
La norme XP S 72-600 a été développée par l'AFNOR (Association française de normalisation) en collaboration avec la Fédération Française de Parachutisme, et s'applique aux casques de parachutisme et de tunnel. Elle est adossée au règlement européen 2016/425 sur les équipements de protection individuelle.
Concrètement, elle teste trois choses que le parachutisme exige et que les normes de sports aériens généralistes ignoraient :
- L'impact. Le test reprend la hauteur de chute et le conditionnement de la norme EN 966 — environ 5,47 m/s, soit une chute d'à peu près 1,60 m — et le choc transmis à la tête doit rester sous 250 G.
- L'accrochage (snag test). Une suspente ne doit pas pouvoir s'accrocher au casque. C'est l'exigence la plus spécifique à notre discipline, et l'EN 966 ne la contient pas.
- La jugulaire. Elle doit passer à l'extérieur de la coque, pour qu'une suspente ne puisse pas remonter à l'intérieur du casque. La norme couvre aussi la capacité à retirer le casque sous charge.
Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête. Un casque « solide » mais dont la jugulaire crée un piège à suspentes n'est pas un casque de parachutisme : il est conçu pour un autre sport. La XP S 72-600 formalise cette différence.
Faut-il pour autant refuser tout casque non certifié ? Non — beaucoup d'excellents modèles ne sont pas passés par cette procédure, et la norme est récente. Mais entre deux casques comparables, la certification est un critère objectif de plus, et la mention doit figurer noir sur blanc chez le fabricant.
Casque intégral : pour qui, pour quoi ?
L'intégral (full face) couvre tout le visage avec une visière relevable. Il coupe le vent, réduit fortement le bruit relatif, et protège le visage lors des contacts — la raison pour laquelle il domine en vol relatif et en freefly.
Le Cookie G4 illustre bien la catégorie « protection d'abord » : il est certifié CE XP S 72-600 pour le parachutisme et le tunnel, pèse 900 à 950 g, et se décline en trois tailles de coque couvrant des tours de tête de 53 à 62 cm. Sa visière est traitée anti-buée à l'intérieur et anti-rayures à l'extérieur ; elle porte son propre marquage CE et a été certifiée pour ses qualités optiques, son anti-buée et sa résistance à la pénétration. Une seule taille de visière couvre toutes les tailles de casque, ce qui simplifie le remplacement.
À l'inverse, le Cookie G35 assume un positionnement différent : plus compact, ressenti plus léger, il combine des éléments du G3 (arrêté), du G4 et de la gamme Fuel — mais il n'est pas l'option orientée protection de la marque. En échange, il apporte une plaque supérieure interchangeable (standard, tunnel anti-rayures, ou utilitaire/caméra) et des inserts pré-montés pour un système de largage de caméra. Sa mentonnière plus longue rend aussi le casque plus difficile à perdre.
Le Tonfly TFX joue la carte matériaux et double certification : coque monocoque en composite carbone-aramide, certifiée à la fois AFNOR XP S 72-600 (parachutisme et tunnel) et EN 966+A1:2012 catégorie HPG (sports aériens), la visière répondant par ailleurs à l'EN 166 sur la protection oculaire. Son ajustement se fait en deux temps : une doublure principale selon le tour de tête, puis une doublure secondaire disponible en 5, 10 ou 15 mm.
Vous hésitez entre ces trois modèles ? Nous les comparons en détail dans notre comparatif Cookie G4 vs G35 vs Tonfly TFX.
Casque ouvert : bien plus qu'un choix d'école
Le casque ouvert (open face) laisse le visage dégagé. On l'associe spontanément à la formation, mais il reste le choix rationnel dès qu'on a besoin d'un contact visuel direct et sans reflet : moniteurs, cameramen tandem, précision d'atterrissage.
La catégorie a nettement progressé côté sécurité. Le Cookie M3 est un ouvert à faible volume certifié aux chocs selon la XP S 72-600, avec une coque extérieure en ABS et une doublure interne en polypropylène expansé (EPP). Il pèse en moyenne 600 g, accepte confortablement deux altisons, et sa plaque de montage GoPro affleure la coque. Sa doublure évacue l'humidité et les pads, d'épaisseurs variables selon la taille, sont remplaçables par l'utilisateur.
Avec un ouvert, la protection oculaire devient un achat à part entière : prévoyez des lunettes de chute libre ventilées et anti-buée, dans le même panier.
Plateforme caméra : à réserver à un usage réel
Un casque caméra est conçu pour porter une ou plusieurs caméras : platines dédiées, passages de câbles, et — sur les modèles sérieux — un système de largage. C'est indispensable en vidéo tandem ou en équipe, et surdimensionné pour tous les autres.
La logique du G35 est intéressante ici : sa plaque supérieure interchangeable permet de passer d'une configuration standard à une configuration caméra sans changer de casque, avec des inserts déjà en place pour le largage. C'est une réponse au vrai problème des vidéomen occasionnels, qui n'ont pas envie d'acheter deux casques.
Point de vigilance : un casque non prévu pour recevoir un support ne doit pas être bricolé. Percer une coque, c'est annuler sa certification et créer un point d'accrochage — exactement ce que le snag test cherche à éliminer.
Comparatif : quelle famille pour quelle pratique ?
| Type | Pratiques typiques | Protection du visage | Caméra | Repère de poids |
|---|---|---|---|---|
| Intégral | Vol relatif, freefly, polyvalence | Complète (visière) | Selon modèle | ≈ 900-950 g (Cookie G4) |
| Ouvert | École, précision, encadrement, vidéo tandem | Partielle | Souvent compatible GoPro | ≈ 600 g (Cookie M3) |
| Plateforme caméra | Vidéo tandem et équipe | Selon base | Optimisée (largage) | Variable |
Retrouvez l'ensemble de ces familles dans notre rayon casques de parachutisme.
Les cinq critères à vérifier avant de commander
- La taille, mesurée. Prenez votre tour de tête au-dessus des sourcils et confrontez-le au guide du fabricant. Un casque doit tenir sans point de pression : trop grand, il bouge sous l'ouverture ; trop serré, il devient insupportable au troisième saut de la journée.
- La certification, écrite. Cherchez la mention explicite de la XP S 72-600 (et, le cas échéant, l'EN 966 ou l'EN 166 pour la visière). Une déclaration de conformité publiée par le fabricant est le meilleur signal.
- Le logement altison. Combien d'emplacements, et compatibles avec quel format ? Le M3 en accepte deux, ce qui n'est pas la norme partout.
- La visière et son consommable. Traitements anti-buée et anti-rayures, disponibilité des visières de rechange et des teintes. Une visière opacifiée se remplace : encore faut-il pouvoir en trouver.
- Le rembourrage évolutif. Les systèmes à doublure secondaire — 5, 10 ou 15 mm chez Tonfly, pads interchangeables chez Cookie — permettent d'ajuster finement, y compris quand la mousse se tasse avec le temps.
Sécurité : ce qu'un casque ne fait pas
Un casque de parachutisme n'est pas un casque de moto et ne prétend pas l'être. Le seuil de 250 G de la XP S 72-600 correspond à un choc précis, dans des conditions précises. Respectez les préconisations du fabricant : limites d'utilisation, remplacement après impact, durée de vie des doublures.
Deux réflexes valent pour tout le matériel que nous vendons : faites contrôler et ajuster votre équipement par un professionnel qualifié avant la première utilisation, et suivez les consignes de votre école ou de votre club — en France, la Fédération Française de Parachutisme et les écoles agréées restent la référence pour ce qui est exigé à chaque niveau de pratique.
Questions fréquentes
Intégral ou ouvert pour débuter ?
En formation, l'école impose généralement un ouvert, pour le contact visuel avec les moniteurs. Beaucoup de sauteurs passent à l'intégral une fois brevetés, pour la protection et le confort sonore. Suivez d'abord la consigne de votre école.
Un casque certifié XP S 72-600 est-il obligatoire en France ?
La norme est un référentiel de certification, pas automatiquement une obligation d'achat : les exigences dépendent de votre niveau et des règles de votre structure. Renseignez-vous auprès de votre école ou de votre club, qui appliquent le cadre fédéral.
Peut-on monter une caméra sur n'importe quel casque ?
Non. Seuls les modèles prévus pour recevoir un support — platine intégrée, inserts, système de largage — doivent être utilisés en vidéo. Percer une coque annule sa certification et crée un point d'accrochage pour les suspentes.
Quelle différence entre XP S 72-600 et EN 966 ?
Les deux partagent la logique du test d'impact. La XP S 72-600 y ajoute le test d'accrochage de suspente, l'exigence d'une jugulaire extérieure à la coque et le retrait du casque sous charge — trois points propres au parachutisme. Le Tonfly TFX porte les deux certifications.
Combien de temps garde-t-on un casque ?
Il n'y a pas de réponse universelle : suivez la durée de vie annoncée par le fabricant, remplacez le casque après un impact significatif, et changez les doublures quand elles se tassent — un rembourrage écrasé ne protège plus et ne tient plus en place.
Pour aller plus loin
Le casque est la pièce la plus visible de votre équipement, mais elle fonctionne en système avec votre conscience d'altitude. Complétez votre lecture avec notre guide d'achat altimètre analogique ou numérique et notre comparatif des altisons, puis parcourez nos casques, altimètres et altisons.
Un doute sur une taille ou une compatibilité ? Écrivez-nous : des parachutistes répondent.
Sources consultées le 3 août 2026
AFNOR, norme XP S 72-600 « Casques de protection pour les activités de parachutisme » — boutique.afnor.org
ChutingStar, « The Impact-Rated Helmet Revolution » (détail des tests impact et snag) — chutingstar.com
Cookie Composites, fiches G4, G35 et M3 — flycookie.com
Tonfly, déclaration de conformité TFX (XP S 72-600) et manuel utilisateur — tonfly.com
Skydive Mag, essais casques intégraux — skydivemag.com