Altimètre de parachutisme : analogique ou numérique ?

Le débat aiguille contre écran dure depuis vingt ans, et il a une réponse plus nuancée qu'on ne le croit. L'analogique donne une tendance instantanée sans jamais tomber en panne de pile. Le numérique donne une valeur exacte, un journal de sauts et des modes d'entraînement. Le bon choix dépend surtout de votre niveau et de ce que votre école exige.

L'essentiel

  • Analogique (Altimaster Galaxy) : plage 18 000 ft, graduations de 250 ft, arc jaune puis rouge à partir de 3 000 ft, aucune pile, lentille vissée remplaçable sur le terrain.
  • Numérique (Alti-2 Atlas II) : journal de 2 500 sauts, mode entraînement AFF, recharge USB-C, boîtier en aluminium aéronautique, étanche 1 h à 1,8 m, résiste à une chute de 1,2 m à plus de 1 000 G.
  • La vraie différence n'est pas la précision : c'est la façon de lire l'information sous stress. L'aiguille se lit d'un coup d'œil, le chiffre demande une microseconde de traitement.
  • Un altimètre visuel ne remplace jamais un altison, et l'inverse est encore plus vrai.

Que fait un altimètre analogique de référence ?

L'Altimaster Galaxy d'Alti-2 est considéré comme le standard de l'industrie pour les altimètres analogiques visuels. Sa plage couvre 18 000 ft MSL, avec des graduations tous les 250 ft. Son cadran est mis en évidence par un arc jaune d'avertissement puis un arc rouge d'alerte, ce dernier démarrant à 3 000 ft.

Deux atouts structurels expliquent sa longévité. D'abord, aucune pile : pas de charge à surveiller, pas de panne électronique, rien à gérer entre deux saisons. Ensuite, une lentille vissée remplaçable sur le terrain — une rayure profonde ne condamne pas l'instrument.

Mais l'argument décisif est ailleurs, et il est cognitif : une aiguille se lit comme une horloge. Vous n'avez pas besoin de lire un nombre puis de le comparer à une valeur mémorisée. Vous voyez une position, et vous savez immédiatement où vous en êtes. Sous adrénaline, cette différence n'est pas anecdotique — c'est même la raison la plus souvent avancée pour équiper les élèves en analogique.

Qu'apporte concrètement un altimètre numérique ?

L'Alti-2 Atlas II montre bien la direction prise par la catégorie. Il embarque un journal de sauts allant jusqu'à 2 500 résumés, un mode entraînement destiné au travail au sol en PAC/AFF, et un mode manuel.

Côté énergie, Alti-2 a tranché : recharge par port USB-C, standard universel. Résultat, plus de pile à remplacer, pas de filtres, pas de maintenance — le coût de possession devient très faible, ce qui répond à la principale critique historique du numérique.

La robustesse est documentée : boîtier métal usiné en aluminium aéronautique, résistance à des chutes de 1,2 m avec plus de 1 000 G, et étanchéité jusqu'à 1,8 m pendant une heure. On est loin du gadget électronique fragile.

À cela s'ajoute ce que l'analogique ne fera jamais : une valeur chiffrée exacte, exploitable pour analyser ses sauts, et la possibilité de basculer entre mètres et pieds selon l'école ou le pays.

Analogique ou numérique : le comparatif

Critère Analogique (Altimaster Galaxy) Numérique (Alti-2 Atlas II)
Lecture Position d'aiguille, instantanée Valeur chiffrée exacte
Repères visuels Arc jaune, arc rouge dès 3 000 ft Selon affichage et réglages
Plage / précision 18 000 ft, graduations 250 ft Valeur numérique directe
Énergie Aucune pile Recharge USB-C, sans maintenance
Journal de sauts Non Jusqu'à 2 500 sauts
Mode école Non Mode entraînement AFF
Robustesse annoncée Lentille remplaçable sur le terrain Aluminium aéronautique, chute 1,2 m > 1 000 G, étanche 1 h à 1,8 m

Découvrez l'ensemble de la gamme dans notre rayon altimètres de parachutisme.

Lequel choisir selon votre niveau ?

En formation. Suivez la consigne de votre école, point. Beaucoup imposent l'analogique pour la lecture instantanée de la position d'aiguille — si c'est le cas chez vous, la question ne se pose pas. Un Atlas II peut malgré tout servir au sol grâce à son mode entraînement.

Jeune breveté. C'est le moment du vrai choix. Si vous voulez suivre votre progression, l'archivage numérique change la donne : 2 500 sauts enregistrés, c'est plusieurs années de pratique consultables.

Pratique confirmée, freefly, VR. Le numérique s'impose souvent pour la précision et le suivi. Beaucoup de sauteurs expérimentés gardent néanmoins un analogique en secours — la redondance ne coûte pas cher comparée à ce qu'elle protège.

Budget serré. L'analogique reste imbattable sur le coût total : pas de pile, pas d'électronique, une lentille à remplacer de temps en temps.

Où porter son altimètre ?

Trois positions se rencontrent couramment : le poignet (le plus répandu, notamment en formation), le dos de la main sur support souple — pratique quand les bras sont engagés dans le travail relatif — et la poitrine ou le harnais, plus rare et plutôt liée à des disciplines spécifiques.

L'important n'est pas la mode mais la cohérence : votre altimètre doit être lisible dans la position de vol de votre discipline, sans avoir à tourner le poignet. Nos supports et élastiques d'altimètre permettent d'adapter le montage.

Visuel et sonore : deux instruments, deux rôles

Un altimètre visuel vous dit où vous êtes quand vous le regardez. Un altison vous prévient quand vous ne regardez pas. Les deux ne se remplacent pas : ils se complètent, et l'ordre de priorité ne change jamais — la formation d'abord, l'altimètre visuel ensuite, l'altison en filet de sécurité.

C'est d'ailleurs la logique retenue par les fabricants eux-mêmes. AON2 propose ainsi un altimètre numérique volontairement basique, le X0, présenté comme le complément idéal de son altison Brilliant Pebbles, en particulier pour les sauteurs récents : une lecture d'altitude simple d'un côté, les alarmes de l'autre.

Pour choisir vos alarmes, lisez notre comparatif des altisons Solo II, Optima II et AON2.

Entretien et sécurité

  • Vérifiez l'instrument avant chaque journée de saut : remise à zéro, état de la lentille, niveau de charge pour un modèle numérique.
  • Ne laissez pas un doute s'installer. Un altimètre qui affiche une valeur incohérente au sol ne part pas en avion.
  • Faites contrôler votre équipement par un professionnel qualifié avant la première utilisation, et suivez la notice du fabricant.
  • Un altimètre est une aide. Il ne remplace ni la formation, ni l'altitude de sécurité, ni la vigilance — et il ne décide pas à votre place.

Questions fréquentes

Mètres ou pieds ?

Les deux se pratiquent. En France, beaucoup d'écoles travaillent en mètres, tandis que les instruments et la littérature internationale utilisent souvent les pieds — l'Altimaster Galaxy est ainsi gradué sur 18 000 ft. Les modèles numériques permettent généralement de choisir l'unité : alignez-vous sur votre école.

Un altimètre numérique peut-il tomber en panne en vol ?

Le risque existe pour tout appareil électronique, ce qui explique la popularité durable de l'analogique. Les fabricants y répondent par la robustesse : l'Atlas II annonce un boîtier en aluminium aéronautique, une résistance à une chute de 1,2 m à plus de 1 000 G et une étanchéité d'une heure à 1,8 m. Vérifiez la charge avant de sauter.

Faut-il un altimètre quand on a un altison ?

Oui, absolument. L'altison signale des altitudes précises par des alarmes ; il ne donne aucune lecture continue et ne remplace pas la conscience visuelle de l'altitude. Les deux instruments sont complémentaires, jamais interchangeables.

Pourquoi les écoles préfèrent-elles souvent l'analogique ?

Pour la lecture par position plutôt que par chiffre : une aiguille dans l'arc rouge se comprend instantanément, sans traitement mental. Le Galaxy matérialise d'ailleurs cette logique avec son arc jaune d'avertissement et son arc rouge démarrant à 3 000 ft.

Le journal de sauts intégré sert-il vraiment ?

Il sert si vous l'exploitez. Avec 2 500 résumés de sauts, l'Atlas II couvre plusieurs années de pratique : utile pour suivre une progression, revoir une session ou compléter un carnet papier. Si vous ne consultez jamais vos données, l'argument tombe.

Notre recommandation

Si vous êtes en formation : l'analogique, ou ce que votre école impose. Si vous venez d'être breveté et que vous comptez sauter régulièrement : le numérique, dont le coût de possession a beaucoup baissé depuis l'arrivée de la recharge USB-C. Si vous pouvez vous équiper des deux : c'est encore mieux, et beaucoup de sauteurs confirmés font exactement cela.

Parcourez nos altimètres, nos altisons et nos casques — ou lisez notre guide pour choisir son casque pour vérifier la compatibilité entre casque et altison.

Un doute sur un modèle ? Écrivez-nous, on connaît le matériel.


Sources consultées le 3 août 2026
Alti-2 Technologies, fiche produit Atlas II — alti-2.com
ChutingStar, fiche Altimaster Galaxy et comparatif des altimètres numériques — chutingstar.com
DZ Sports, fiche Alti-2 Atlas II — dzsports.co.uk
AON2, gamme X0 et Brilliant Pebbles — aon2.co.uk
L&B Altimeters, documentation Viso et Optima — lbaltimeters.com

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